Un photographe raconte…..

Mineurs du Kouzbass, 11 juillet 1989 - Sur la banderole : « Nous tiendrons jusqu’au bout » 1er jour de la grève des mineurs à Mejdouretchensk, dans la région de Kemerovo. Photographie Iouri Maltsev - Coll. Musée d’État d’Histoire politique de Russie © I. Maltsev

La perestroïka signe le réveil de la conscience ouvrière. C’est un paradoxe au pays où la classe ouvrière, qui est toujours censée représenter l’ « avant-garde » de la société, a de fait été largement oubliée, et depuis longtemps, par le pouvoir. Les mineurs passaient pour être l’élite de la classe ouvrière. A partir de 1989, ils ouvrent l’ère de la contestation sociale. Deux mouvements de grève ont lieu : en juillet 1989 dans le bassin minier du Kouzbass, en Sibérie occidentale, avec une extension du mouvement au Donbass, en Ukraine orientale, puis à la région de Vorkouta, au nord de la Russie d’Europe. Au printemps 1991, la mobilisation reprend, intense et très populaire.

Le manque de savon est à l’origine de la colère, mais la contestation de vient vite plus politique. Regroupés en syndicat indépendant, les représentants des mineurs obtiennent en octobre 1989 une loi encadrant le droit de grève.

A Mejdouretchensk, dans le Kouzbass, les grèves sont couvertes par Iouri Maltsev, reporter photographe à l’Etendard du mineur, journal du comité du parti communiste de la ville. Les mouvements contestataires font désormais la une des journaux officiels.

Contacté pour l’exposition, le photographe nous a raconté l’état d’esprit des journalistes chargés de couvrir l’évènement :

Mineur du Kouzbass, 11 juillet 1989. Photographie Iouri Maltsev, coll. Musée d'Etat d'Histoire politique de Russie, © I.Maltsev.« Znamia chakhtiora [“L’étendard du mineur”] était  l’organe du comité du parti  communiste de Mejdouretchensk qui couvrait tous les aspects de la vie de la ville (liés au parti, aspects sociaux, économiques).

Toute la ville s’est levée pour la grève! Mais nous ? Mais c’était aussi nous ! Nous avons photographié par devoir professionnel et par appel du coeur. Là nous ne nous dédoublions pas. Le journal  a montré  la grève pleinement et avec honnêteté.

Les journalistes étaient tous membres du PCUS ; ils connaissaient bien la ville, la production, les affaires. Aux réunions de rédaction on se fixait les objectifs en général nous mêmes; on savait ce qu’il fallait pour le développement de la ville et pour  les lecteurs, on essayait de montrer la plénitude de la vie. On le faisait avec professionnalisme et honnêtement. »

Iouri Maltsev qui nous avait donné très volontiers ses droits pour l’exposition de ses photos et leur reproduction dans le livre vient de recevoir un exemplaire du catalogue et du dossier de presse. Il nous remercie vivement et se dit très  heureux de savoir ses photos exposées à Paris.

Il nous propose si besoin est de couvrir pour nous les grèves à venir… et de nous envoyer d’autres photos ! Une coopération en entraine une autre….

Carole Ajam, commissaire de l’exposition

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